Durant l’été 2016, MBA dans sa recherche permanente d’une information rigoureuse et fiable a souhaité entendre le nouveau responsable de la communication de la Maison Louis Cottier, Monsieur Hugo de Fenyi Rouvière.
Cette marque diversement appréciée ces dernières années a fait l’objet de critiques comme de grandes satisfactions. Consciente de ses défauts de jeunesse, de ses choix discutés et de la qualité irrégulière de son Service Après Vente et surtout de sa communication, la marque Louis Cottier a fait preuve en répondant à nos questions, d’une exceptionnelle franchise.
Nous vous livrons cet entretien :
JW : Bonjour Monsieur, vous êtes Responsable de la communication pour la marque Louis Cottier et nous avons déjà largement échangé nos points de vue au sujet de la marque que vous représentez. Vous avez accepté de répondre à mes questions, je vous en remercie.
Louis Cottier, enseigne horlogère bien connue en France depuis quelques années semble souffrir d’une réputation de manque de fiabilité et de Service Après Vente perfectible. Est-ce que votre nomination intervient dans la volonté de la marque pour améliorer cela ?
HdFR : Bonjour et merci de nous accorder cette interview. Nous sommes heureux d’avoir l’opportunité de nous exprimer auprès des passionnés et amateurs de garde temps qui sont nombreux à lire votre blog.
Pour répondre à votre question, j’ai été recruté par la direction de Louis Cottier afin de redresser la réputation de la marque qui a essuyé un certain nombre de revers depuis deux ans.
Après étude approfondie, j’ai le sentiment que le problème ne porte pas sur la qualité des produits de la marque ou de son service client mais bien sur la communication. Je ne nie pas que nous ayons eu des problèmes concernant certaines de nos collections qui ont fait l’objet de défauts. Je pense simplement que nous n’avons pas répondu de façon appropriée au mécontentement justifié de nos clients.
Quant à notre service client, il a beaucoup évolué ces dernières années et je travaille en étroite collaboration avec l’équipe en charge afin de le rendre plus performant. Il me semble qu’il est désormais beaucoup plus efficace et nous travaillons à ce qui le devienne encore d’avantage.
Nous sommes une entreprise jeune. Nous avons appris de nos erreurs passées et travaillons activement à ce que nos collections soient les plus parfaites possibles.
JW : Si les composants de vos montres sont fabriqués en Asie, comme une grande majorité de marques, avez-vous une politique de recherche des meilleurs fournisseurs et une stratégie volontaire de contrôle final ?
HdFR : Une précision me parait importante. Nous utilisons sur certaines de nos montres des mouvements suisses. Cependant, il est vrai que la majorité de nos composants sont d’origine japonaise et chinoise.
Pour répondre à votre question, nous sommes toujours à la recherche des fournisseurs les plus performants. Et lorsque nous les sélectionnons, nous leur imposons un cahier des charges incluant un contrôle qualité à différentes étapes de la chaîne de production afin de se prémunir de défauts de fabrication.
Mais le résultat n’est pas parfait, ce qui nous a conduits à réfléchir à de nouveaux axes de production.
JW : Vous m’avez expliqué que dans cette volonté d’améliorer la qualité des garde-temps que vous produisez, ceux-ci sont à présent assemblés en France ?
HdFR : Effectivement, nous avons décidé de faire appel à une société française, basée dans la région de Besançon pour l’assemblage de nos montres. Nous avons créé pour l’occasion une nouvelle collection que nous venons d’aller présenter au salon « Hong Kong watch & clock fair » qui s’est tenu dans la circonscription éponyme la première semaine de septembre 2016.
C’est le début d’une nouvelle ère pour notre marque.
JW : J’ai remarqué sur votre Site Internet, une nouvelle rubrique consacrée au SAV où vous avez redoublé d’efforts pour vous mettre à la disposition des usagers qui pourraient rencontrer des problèmes.
Vous indiquez des coordonnées complètes, un suivi personnalisé, une écoute rarement constatée chez vos concurrents.
Est-ce que cette transparence est le résultat d’une volonté de renouvellement de l’image de la marque. Allez-vous écouter vos premiers clients insatisfaits ?
HdFR : Nous sommes conscients que la notoriété de toute marque repose sur la satisfaction de sa clientèle.
Comme je l’indiquais au début de cette interview, nous n’avons pas toujours été très clairs dans notre communication vis-à-vis des acquéreurs de nos montres. C’est un point essentiel que nous tenons à corriger.
C’est pourquoi nous avons mis en avant notre service client sur notre site internet et que nous en faisons régulièrement la promotion.
D’autant plus qu’il est intégralement internalisé. Notre hotline et notre atelier sont installés dans les locaux de notre entreprise, dans le 17ème arrondissement de Paris.
Nous sommes très attentifs aux messages que nos clients nous adressent. Bien que nous travaillions avec des horlogers traditionnels, nous distribuons la majeure partie de nos montres sur les canaux digitaux. Nos clients s’expriment donc également sur le web. C’est pourquoi nous assurons une veille pour venir à leur rencontre et échanger avec eux.
Nous vendons 50 000 montres par an. Il est assez naturel que certains acheteurs soient mécontents. Cela reste des cas isolés, induits bien souvent par un transport chaotique. Nous faisons donc en sorte de capter ces clients dès que possible pour les prendre en charge et les satisfaire au plus tôt.
Nous sommes l’une des rares marques à le faire sur notre marché.
C’est une particularité suffisamment rare au regard de notre concurrence pour qu’elle soit soulignée.
JW : On vous a reproché d’avoir utilisé le nom d’un horloger Suisse du début du XXe siècle de grande renommée pour apporter une aura à votre marque. Vous vous êtes d’ailleurs expliqué sur ce sujet sur MBA [http://montres-bonnes-affaires.over-blog.com/article-louis-cottier-la-verite-119521224.html ].
Nous savons que les noms propres sont rarement protégés. Qu’est-ce qui a motivé le choix des créateurs ?
HdFR : Monsieur Cottier est inconnu du grand public et une figure du passé de l’horlogerie. Yohann Uzan, qui a fondé la marque Louis Cottier, est un horloger passionné, héritier d’une maison suisse datant de 1892 et reconnaissant de tout ce que ses pairs et ancêtres ont apporté à son métier. Pour le reste, nous nous sommes exprimés publiquement sur ce sujet sur votre site. Les faits sont que nous sommes une entreprise française. Nos équipes sont françaises. Nos modèles sont dessinés en France. Et désormais, nos modèles sont également montés en France.
JW : Je suppose que vous êtes conscient du fait que les connaisseurs qui sont incollables sur l’histoire de l’horlogerie sont très vigilants sur ce genre de détail – Que pourriez-vous leur dire pour les rassurer ?
HdFR : Je ne suis pas certain que nous puissions les rassurer à l’instant. Les connaisseurs que vous évoquez et qui nous connaissent sont plutôt disons, circonspects, concernant notre marque. Je crois qu’il faut laisser le temps faire son œuvre. Nous avons fait des erreurs en terme de communication et faisons amende honorable. Nous espérons qu’ils nous entendront et nous comptons très prochainement reprendre contact avec eux afin de renouer le dialogue.
JW : Vos garde-temps ont toujours été visuellement très élaborés et la qualité des composants et du montage à présent au rendez-vous, qu’avez-vous en projet pour le faire savoir ? Certains revendeurs (notamment sur Internet) n’hésitent pas à dire qu’il s’agit de « Swiss Made », ce qui d’une certaine façon nuit à la réputation d’une marque qui a ses propres codes. Avez-vous des projets de communication sur ce point ?
HdFR : Nous ne sommes pas « Swiss Made » et cela ne sera en aucun cas notre axe de communication. Si nous voulons gagner en crédibilité, nous devons être francs dans toute notre communication. Dire que nos produits sont « Swiss Made » irait à l’encontre de ce pré-requis de notre stratégie.
Nous pensons plutôt orienter notre communication sur ce que personne ne peut et ne pourra nous contester : la qualité esthétique de nos produits.
Rare sont ceux qui ne trouvent pas dans nos collections « montre à leur poignet ».
C’est la force de notre marque de proposer des modèles très variés et nous constatons globalement que l’adage maison « A chacun sa Louis Cottier » se vérifie presque toujours.
Et les commentaires de nos nombreux clients – Nous avons vendu près de 250 000 montres depuis notre création - sont là pour le démontrer.
JW : Quels sont de manière générale, les projets que vous pourriez élaborer pour permettre à la marque Louis Cottier, de figurer dans le peloton de tête des créations horlogères françaises ?
HdFR : Nous avons pour ambition de produire une collection « Made in France ». Ainsi, nos produits devront répondre à un cahier des charges très précis et complexe que nous sommes actuellement en train d’étudier.
Cela serait un pas vers la bonne direction.
Par ailleurs, nous comptons développer notre présence chez les horlogers ayant pignon sur rue à courte ou moyenne échéance.
Enfin, nous avons d’autres projets à venir qui nous ont demandé des investissements importants en Recherche et Développement mais il est encore un peu tôt pour en parler.
JW : Nous avons été assez directs aujourd’hui. Je ressens votre volonté d’améliorer l’image de la marque et de réaliser des progrès sur tous les plans. Il me reste à vous remercier du temps que vous avez consacré à répondre à mes demandes. D’autres questions ne manqueront pas d’interpeller nos lecteurs. Je les encourage à consulter votre site pour y trouver plus de détails.
HdFR : Bien sûr, notre site est là et nous le sommes aussi. Nous ne manquerons pas de répondre à toutes les questions qui nous sont posées.
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